Cro Trail 2017

7 Sep

Dans le cadre de mon projet d’enchainer les deux Ultras Trail de ma région, j’ai commencé début juillet par le Cro Trail.

Je l’avoue, pendant plusieurs semaines lors de sa préparation j’ai sous estimé cette course. Je ne voyais en elle qu’une étape pour réussir la course suivante. Hors lorsque l’on regarde les mensurations de cette veille course de montagne on se rend vite compte qu’il ne faut absolument pas l’aborder à la légère.

110km, 6700m D+, 7700m D- (données ITRA) …. oui c’est bien le format d’une TDS

Bien dans ma course dès le début

Vendredi 15h, avec Jean Marc (mon chauffeur / ravitailleur préféré ) nous sommes en place à Limone. Lieu de départ du Cro. Récupérer le dossard n’a été qu’une formalité. Avec environ 200 participants, on est loin des files d’attente d’un UTMB. Il fait très chaud (+ de 32°c), on se pose en terrasse d’un café pour attendre le départ. J’enchaine marocchino et café glacé. Je cache mes flasks d’eau dans une fontaine du village pour partir avec de l’eau fraiche.

Le départ est donné à 17h. Quelques rues du village passées, un bout de route et c’est l’attaque d’une première montée de 1400m D+ (comme à la CCC) fortement exposée au soleil. Aucune appréhension, je suis dans ma bulle, dans mon rythme. Au départ je salue Hervé son pote, tout deux inscrit sur la version 80km. On ne se connait pas, Hervé un « contact Instagram ».

1er ravito en eau à un refuge. Je n’ai ni GPS, ni cardio. J’ai seulement l’heure et le chrono actif sur ma montre. Mais je sais que j’ai 20 minutes de retard sur mon plan. Pourtant mon rythme est bon, donc aucun stress. Comme prévu je ne m’arrête pas.

Les montées sont raides, techniques mais exactement comme sur mes terrains de préparation dans le Mercantour. Par contre je trouve les descentes assez délicates. Il faut faire attention.

On me double, j’ai des coureurs en ligne de mire que je ne rattrape pas.

2eme ravito, encore en refuge. Il est très bien fourni. Pause de moins de 5 minutes. Un thé, recharge en eau, manches longues, Buff et ça repart. Nuit noire, à 2500m d’altitude, on voit toute la French Riviera éclairée au loin.

Mon rythme ne faiblit pas mais je reprends beaucoup de coureurs qui eux marquent le pas et ralentissent. Aux points d’eau je ne stoppe pas.

Je me sens bien mais une gène à la gorge se déclare. On entame une très longue descente sur une piste, type DFCI. Je cours à bonne allure sans forcer. Je remonte encore des coureurs. Au coeur de la nuit le ravito 3 est une oasis où s’échouent de nombreux participants. Ils sont fatigués, hagards et un peu perdus.

Je repars rapidement dans les traces d’un couple d’Italiens. Plus âgés que moi, ils ont un rythme d’enfer. Madame est devant et donne la cadence (course / marche / relance). Messieurs la suit à 2 m et l’imite instantanément. Ils sont hallucinant d’efficacité. Je me colle à eux.

Grace à mes 2 lièvres, je fini la nuit à un rythme de dingue sans grosse fatigue. J’ai couru de nombreuses portions là où seul j’aurai marché je pense.

Au levé du jour on attaque une interminable et forte descente. Je l’a trouve dure et usante. Elle nous ramène en fond de vallée sur le village de Saorge.

Le mal de gorge est clairement déclaré depuis quelques heures. Gorge enflée, aucun aliment ne passe. Je ne peux pas déglutir. Tous mes entrainements à jeun et mon régime pauvre en glucides prennent leur sens maintenant. Durant 4 heures, jusqu’au ravitaillement de Breil sur Roya où je dois retrouver mon assistance, mon alimentation a été basée sur 2 compotes et de l’eau. Incroyablement je n’ai pas de baisse de régime. Bien au contraire. J’ai doublé le couple d’italiens dès la fin de la descente et le segment entre Saorge et Breil particulièrement difficile (surtout après 14h de course) passe bien.

Dernière portion avant le ravito de Breil une douleur au genou gauche se déclenche. Inconnue jusqu’à ce moment là, elle est facile à identifier. Douleur aiguë si je descends dans l’axe de la pente, juste sous la rotule du genou gauche.

Après une première partie de 80km au top, un seconde partie bien dure m’attend

Arrivé au ravito avec assistance, ma femme m’accueille. Je suis bien, frais, totalement lucide. J’ai 20 minutes d’avance sur mon plan. Je me change, m’hydrate (thé) et je mange. Par chance mon repas de récup à mi course est mi solide, mi liquide donc la déglutition est facilité. Je charge le sac de toutes les compotes disponibles et je repars. J’ai bien pris le temps de me poser mais je quitte le ravito assez vite.

Les premiers segments après Breil sont communs avec le Trail des Merveilles que j’ai couru en début de saison. Je repars donc sur des terres connues. Mon rythme a baissé la fatigue s’est installée et la chaleur aussi. En monté et su rle plat je peut encore avancer mais en descente le genou est bien douloureux.

L’arrivée sur Sospel (second ravito avec assistance) est très longue et très très chaude. J’arrive en feu. J’ai soif, je suis fatigué, j’ai mal. Mais j’ai toujours de l’avance sur mon plan. C’est simple, pour la première fois après presque 100km et 20h de course je peux encore courir sur les portions planes, relancer entre les bosses et monter à cadence. L’entrainement paye.

Je quitte le ravito, pour la portion la plus difficile du parcours. Mais je ne le sais pas encore. Il me reste 1400m D+ en plein soleil et 1200m D- ultra technique et difficile avec un genou en moins.

Je donne tout en montée et ça passe. Avant de basculer sur le col qui me ramène sur Menton, la Méditerranée et l’arrivée je double encore quelques concurrents.

La descente est une autre histoire. Impossible d’avancer. J’ai les jambes mais mon genou gauche ne me tien pas. Deux coureurs me reprennent à moins de 2 kilomètres de l’arrivée.

Une fois sur le bord de mer, à plat, le rythme repart. Je passe la ligne d’arrivée avec 50 minutes de retard sur le plan mais très bien positionné. Je suis satisfait de ma course car mon entrainement et mon régime alimentaire ont démontré leur efficacité pour passer cette épreuve.

Ma femme a été extraordinaire tout au long du WE. Entre l’aide sur les ravito, les aller – retours entre Nice et Menton pour récupérer mes filles afin qu’elles m’accueillent sur l’arrivée et la force morale qu’elle me donne c’est impossible de la remercier simplement.

Remerciement spécial pour Jean-Marc, son aide, sa patience et sa présence ont rendu cette aventure possible dans de très bonnes conditions.

Quoi retenir et que savoir sur le Cro Trail ?

L’organisation est top. C’est bien organisé, en toute simplicité. Organisation à « l’italienne », ça fonctionne bien même si c’est parfois dans l’improvisation. Le stress n’existe pas.

Le parcours est changeant (pâturage alpin, haute montagne, Alpes Maritimes, forets, maquis …) on passe par plusieurs cardes et paysages. Mais surtout on prend le plus dur et le plus difficile de chaque cadre. Cette course est dure. Elle est dure dans son ensemble dans sa moyenne.

L’arrivée sur la plage à Menton est géniale. Un vrai bonheur de piquer une tête après 24h de course en pleine chaleur.

Faut il faire cette course ?

Oui, oui et oui.

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